16.10.2009

Natacha - 20 janvier 1941

Natacha.JPGTu parles d'une déveine ! Non seulement Marcel passe l'arme à gauche dans mon pieu, mais son copain le poulet m'embarque au commissariat pour vol du portefeuille de Marcel (je ne l'ai pas volé, je l'ai caché !).

Bon, tout s'est arrangé. Enfin, façon de parler... Au commissariat, le de Kerven m'a tellement secouée que j'ai fini par cracher le morceau. Marcel et moi, on était de mèche : toutes les informations militaires que je pouvais récolter auprès de mes clients Boches, hop je les lui filais. Et il se chargeait de les faire passer en zone libre par son réseau. Le Von Rieter par exemple, dès qu'il ronfle, je lui fais les poches, et je recopie tout ce que je peux à toute vitesse !

De Kerven, ça l'a séché : une fille de chez Mme Berthe, qui "fait quelque chose" pour son pays ! Du coup, il veut prendre la place de Marcel. Enfin, pas dans mon lit (il est en ménage et fidèle, voyez-vous cela...), mais comme organisateur du réseau.

Tant mieux : sans lui, je ne sais pas trop bien comment j'aurais pu continuer. J'ai confiance en lui.

Vous aussi, souvenez-vous ou interrogez vos proches sur cette période trouble. Pour contribuer au Blog des Témoins, envoyez vos récits à l'équipe.

13.10.2009

1941 - Vivre ses choix

A partir du 13 octobre 2009, 20h35,  sur France 3

VILLAGE en VA.jpgUn village français en 1941... C'est désormais à l'heure allemande que vivent les habitants de Villeneuve dans le Jura. Au côté de la grande Histoire en marche, celle plus modeste mais non moins tourmentée des villageois.

Le maire Daniel Larcher et sa femme Hortense, l'entrepreneur Raymond Schwartz, tiraillé entre sa femme Jeannine et Marie, son intrépide maîtresse, Marcel le communiste engagé, le commissaire de Kerven et son adjoint fervent défenseur de l'ordre Jean Marchetti, Lucienne l'institutrice...

Après avoir découvert leur quotidien en 1940, partagez leur vie sur le Blog des Témoins. Leurs doutes, leurs peurs, leurs joies, ils les expriment dans leur journal intime, dont vous retrouverez des extraits sur ce blog...

A votre tour, souvenez-vous ou interrogez vos proches sur cette période trouble et cruciale de notre histoire. Partagez avec nous les souvenirs, les récits et les photos de vos villages français sous l'Occupation.

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10.10.2009

Kurt - 27 novembre 1940

Voilà quelques mois que je suis en France. Notre division est stationnée à Villeneuve, un petit village du Jura.

Kurt.jpgAu fond, ce village n'est pas très différent du mien : une place, une église, la mairie, une école... Le matin dans la rue, je croise des enfants en pélerine qui se pressent, leur besace à l'épaule. Il y a un an encore, moi aussi le matin je voyais des écoliers pas si différents, des petits écoliers allemands.

Là-bas, j'étais le frère de l'instituteur. Ici je suis l'envahisseur. Personne ne me regarde vraiment dans les yeux, on est aimable avec moi du bout des lèvres ou de façon exagérée. Mais au fond, on me craint. Même Lucienne l'institutrice, bien qu'elle m'ait discrètement remercié d'avoir sauvé la mise au petit Gustave qui avait rédigé sa rédaction sur un tract anti-allemand.

A moi seul, je représente la glorieuse armée Allemande, invincible et conquérante... D'après les journaux et en écoutant les nouvelles à la radio, il sembe que la paix est proche, que l'avenir du peuple Allemand est prometteur. Mais jusqu'à quand ?

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09.10.2009

Lucienne - 20 novembre 1940

Hier soir, on projetait un film à la salle des fêtes : L'Héritier des Mondésir avec Fernandel et Elvire Popesco.Lucienne3.jpg

Je m’y suis rendue avec Simone, histoire de me changer les idées. Nous avons bien ri face aux mésaventures de Bien-Aimé ! Et pendant un moment, j’ai presque oublié mon quotidien incertain.

Enfin presque : aux actualités qui précédent le film, on ne parle que de batailles et des succès des Boches. «L'Angleterre comme Carthage, sera détruite», voilà ce qu’on nous serine.

Près de moi, le fils Barret a commencé à ricaner, mais je l’ai aussitôt attrapé par la manche pour qu'il cesse : les lumières restent allumées dans la salle durant les actualités pour décourager les quolibets. "Vous y croyez vous à ces fadaises ?" a-t-il chuchoté.

Je n'ai pas su quoi répondre. En fait, je ne sais plus...

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08.10.2009

Jeannine Schwartz - 13 novembre 1940

JeanineSchwartz1.jpgIls viennent de mettre en place des cartes de rationnement alimentaire ! On aura tout vu !

Je n'en peux plus de cette guerre, je veux que tout redevienne comme avant... Heureusement la bonne réussit à se débrouiller au marché. Comment, je ne veux pas savoir. Et puis, il y a toujours la ferme.

Seulement, je n'aime pas beaucoup savoir Raymond là-bas, avec l'Autre. Pff, Raymond et cette Marie Germain ! Raymond avec la fermière !

Sans le mensonge de la bonne, je n'aurais jamais rien su. Bon, il a promis de ne plus s'en approcher. C'est moi qu'il aime. C'est grâce à moi qu'il a l'aciérie.

Enfin, le mari de fermière est rentré, c'est déjà çà.

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Marie Germain - 15 octobre 1940

Marie2.jpgLorrain est vivant ! Mon mari, vivant ! Il n'est pas mort, durant la Débâcle, il a laissé ses papiers sur un cadavre pour ne pas se faire capturer.

C'est Raymond qui vient de lui faire passer la Ligne en voiture grâce à son ausweis.

Raymond... Et moi...

Lorrain me regarde d'un air soupçonneux. Il me pose mille et une questions sur ma vie quotidienne pendant qu'il était à la guerre : comment as-tu réussi à bouger le buffet ? Et les loyers, pourquoi est-ce que Schwartz t'a fait crédit ?

J'invente, je brode. Je ne sais pas s'il me croit. Je l'espère. J'ai du mal avec sa présence. J'ai perdu l'habitude. Mais enfin, il y a le travail, les longues journées... Je ne vois pas le temps passer.

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30.09.2009

Raymond Schwartz - 30 septembre 1940

RaymondSchwartz4.jpgQue faire ? L'aciérie est au bord de la faillite et les Allemands me proposent un contrat juteux. Travailler avec l'ennemi... Hum. Que pensera de moi mon fils un jour ?

 

En même temps, ce contrat pourrait relancer mes affaires et m'éviter de licencier.  

Et puis surtout, je serai doté d'un ausweis pour passer ce fichu pont de Villeneuve.

 

Depuis que les Boches y ont établi la ligne de démarcation, aller voir Marie aux Essarts est devenu quasiment impossible.

 

Sans parler de cette histoire de câble coupé à l'école communale qui les rend complétement fous.

Sabotage, hurlent-ils !! Non, mais tu parles d'un sabotage... Abrutis !

 

Marie... Tu me manques tout le temps, à chaque instant...

 

C'est décidé, je vais accepter le contrat.

 

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Jean Marchetti - 30 septembre 1940

JeanMarchetti3.jpgIl paraît qu’un timbre va sortir à l’effigie du Maréchal Pétain. Tant mieux, il le mérite. Pétain.jpg
Je m’évertue à l’expliquer à
De Kervern, qui se croit plus patriote que tout le monde : ce que nous vivons, c’est un compromis nécessaire.

Le Maréchal vient de créer la Légion Française des Combattants. Il a raison : il faut débarasser la France de ses éléments néfastes et mettre en place un ordre nouveau, pour rétablir la grandeur de notre pays.

Certes, les Allemands nous ont vaincus. Mais nous leur devons une fière chandelle. Ils nous débarrassent des Rouges. Quel meilleur rempart contre les Bolchéviques ?


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25.09.2009

Commissaire De Kervern - 25 septembre 1940

DeKerven1.jpgAujourd'hui, le journal est plein d'exercices de bonne humeur et d'optimisme.

La France va se relever, la France se relève.

Cette rhétorique de consigne déconcerte par sa stupidité, j'allais dire par sa goujaterie: on ne danse pas dans la chambre d'un grand malade.

Pourtant, celle-ci en convainc certains : Jean Marchetti est persuadé que le Nouvel Ordre qui s'impose à nous dans toute sa cruauté est le meilleur antidote au communisme, qu'il honnit par dessus tout. En oublie-t-il qu'il est Français ?

 

Source : inspiré du journal de Léon Werth

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15.06.2009

1940 - Vivre, c'est choisir

Allemands.jpg 12 juin 1940 - Avec l’arrivée des troupes allemandes à Villeneuve, petite ville du Jura, c’est tout un monde qui bascule à jamais.

Ils étaient des françaises et des français ordinaires, maris, femmes, notables ou paysans… ils deviendront patriotes, traîtres, collaborateurs ou résistants.

 Après s’être effondrée, la France se reconstruit jour après jour, mais à l’heure allemande. Avec cette période incertaine et dangereuse de notre Histoire, s’ouvre une ère nouvelle : aux règles imposées par l’occupant, répondent celles de la désobéissance civile ou de la clandestinité.

On y a peur, on y a faim, on s’y déchire au nom des valeurs et d’une certaine idée de la France… ou parfois simplement par amour. 

Le maire Daniel Larcher et sa femme Hortense, l'entrepreneur Raymond Schwartz, tiraillé entre sa femme Jeannine et Marie, son intrépide maîtresse, Marcel le communiste engagé, le commissaire de Kerven et son adjoint fervent défenseur de l'ordre Jean Marchetti, Lucienne l'institutrice...

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